Des sprays à ARN pour modifier génétiquement notre nourriture

Une technologie conçue pour une échelle industrielle

L’entreprise admet que ses produits sont développés pour être appliqués en masse via des flottes de drones ou des avions d’épandage. Nous sommes bien loin du petit potager familial ; il s’agit d’une agriculture à l’échelle industrielle, conçue pour être diffusée par voie aérienne. Cette approche soulève de graves inquiétudes quant à la dérive génétique, à la contamination accidentelle des champs voisins et à la transformation potentielle de plantes non ciblées, y compris dans les exploitations biologiques.

Ce risque n’est pas hypothétique. De nombreux litiges ont déjà éclaté par le passé concernant des cultures OGM ayant dérivé sur des fermes biologiques, altérant ainsi leur pureté génétique. Les sprays à ARN de Terrana pourraient reproduire ce schéma, mais de manière beaucoup plus rapide, omniprésente et avec des effets durables sur plusieurs générations.

L’urgence climatique comme justification

Pour légitimer cette refonte radicale de l’agriculture mondiale, l’argument du changement climatique est systématiquement mis en avant. L’exemple souvent cité est celui des qui perturbent la floraison des arbres fruitiers. Plutôt que de repenser les vergers, la solution proposée consiste à pulvériser de l’ARN sur les feuilles pour tromper la plante et lui faire croire que l’hiver a bien eu lieu.

La technologie est ainsi présentée comme la solution ultime pour restaurer la productivité, faire face aux extrêmes climatiques et gagner du temps. Cependant, cette logique s’inscrit dans la même mouvance que la géo-ingénierie : modifier artificiellement chaque système vivant sur Terre pour répondre à des objectifs climatiques, transformant la gestion de la nature en un véritable redémarrage industriel du vivant.

Quelles conséquences pour notre alimentation ?

L’ère de l’agriculture à ARN a officiellement débuté, non pas par un vaste débat public, mais par la simple publication d’un annonçant une levée de fonds de 50 millions de dollars. Alors que des modifications génétiques non réglementées pourraient devenir la norme, de nombreuses questions fondamentales demeurent sans réponse.

Qui contrôlera l’hérédité des traits transmis dans nos cultures ? Quels seront les droits des agriculteurs dont les champs seront involontairement exposés à ces pulvérisations ? Et surtout, si nous altérons de manière permanente le génome des plantes qui nourrissent la planète, que finirons-nous réellement par consommer au quotidien ? L’avenir nous dira si cette voie mène à l’abondance promise ou à un chaos génétique irréversible.

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