Ces modifications ne sont nullement temporaires. Elles sont conçues pour être héréditaires, se transmettant aux graines ainsi qu’aux futures générations de la plante. Terrana qualifie d’ailleurs ces applications de vaccins végétaux programmables. Le discours promotionnel insiste sur le fait qu’ils travaillent simplement avec le langage naturel de la plante, présentant la reprogrammation des systèmes vivants par des algorithmes biotechnologiques comme une intervention douce et naturelle.
Cette rhétorique, qui consiste à assimiler un ARN conçu en laboratoire à la biologie naturelle de la plante, rappelle fortement les arguments employés par l’industrie pharmaceutique pour promouvoir les injections à ARNm auprès du grand public : une solution présentée comme sûre, naturelle et efficace.
Quand l’agro-industrie rencontre les géants de la santé
L’équipe dirigeante de Terrana rassemble des vétérans issus des plus grands noms de l’ingénierie génétique et de la pharmacie, tels que Monsanto, Bayer Crop Sciences, Roche ou encore Thermo Fisher. Il ne s’agit pas d’agriculteurs cherchant à cultiver des variétés plus résilientes, mais de scientifiques spécialisés dans les données et de généticiens possédant des décennies d’expérience dans la manipulation de l’ADN, de l’ARN et des protéines à des fins purement industrielles.
Et ils ne sont pas les seuls sur ce marché. Bayer (anciennement Monsanto) développe également sa propre technologie à base d’ARN sous la marque BioDirect, affirmant elle aussi se baser sur des molécules naturelles. Pourtant, le déploiement mondial de campagnes de pulvérisation d’ARN par avion ou l’application de molécules synthétiques pilotées par l’intelligence artificielle sur des écosystèmes entiers n’a absolument rien de naturel.