Une analyse révèle un taux de surdiagnostic de 52 %. Cela signifie que plus de la moitié des « tumeurs » détectées ne sont pas des cancers évolutifs et n’auraient jamais menacé la vie des patientes. Selon les données, pour chaque vie potentiellement sauvée sur 2 000 femmes dépistées, une cinquantaine subiraient des interventions chirurgicales, des chimiothérapies ou des radiothérapies inutiles.
Ces chiffres mettent en évidence un problème majeur de surtraitement. Entre 70 et 80 % des anomalies identifiées ne correspondent pas à un cancer actif. Le serment d’Hippocrate, qui impose avant tout de ne pas nuire, se retrouve ainsi au cœur du débat soulevé par le Dr Dawn Michael.
Ce que révèlent les études scientifiques
Le Dr Dawn Michael s’appuie sur une revue Cochrane, considérée comme l’une des analyses indépendantes les plus rigoureuses. Cette méta-analyse, regroupant de multiples essais randomisés, conclut à une efficacité nette nulle pour les cancers avec ganglions positifs lorsqu’on compare les groupes dépistés par mammographie aux groupes témoins. Les essais correctement menés ne montrent aucune réduction significative de la mortalité liée au cancer du sein, ni de la mortalité toutes causes confondues.
Cette revue Cochrane de 2013 estime qu’en conviant 2 000 femmes à un dépistage régulier pendant dix ans, une seule éviterait de mourir d’un cancer du sein, tandis que dix d’entre elles subiraient un surdiagnostic assorti d’un surtraitement, et que plus de deux cents autres connaîtraient une détresse psychologique durable liée à un faux positif.
Une autre étude, parue dans le BMJ en 2009, a examiné les tendances d’incidence au sein de plusieurs pays disposant de programmes organisés de dépistage. Elle évalue le surdiagnostic à 52 % lorsqu’on inclut les carcinomes in situ, et à 35 % pour les seuls cancers invasifs. Ces données confirment l’ampleur de la détection de lésions qui n’auraient jamais évolué.
Des alternatives sans rayonnements et plus précoces
Face à ces constats, le Dr Dawn Michael recommande deux approches n’utilisant aucun rayonnement ionisant :