Lune de miel gâchée par une surprise inattendue

Des vacances qui auraient dû sauver le mariage

— Partons en vacances ensemble ! Ensemble ! Tu m’entends ? Pourquoi as-tu acheté un billet à ta sœur ?! Je me fiche qu’elle soit fatiguée et triste ! C’est notre anniversaire, je voulais du romantisme, pas écouter ta sœur se plaindre sur le transat à côté de moi ! Rembourse-lui son billet ! Ou alors elle part et je reste, et je demande le partage des biens !

Sur ces mots, Ekaterina s’emporta contre son mari, lui jetant le billet imprimé au visage. Le papier glissa au sol, à côté de la valise ouverte qui, quelques minutes auparavant, était remplie de maillots de bain et de robes d’été. L’excitation du départ avait disparu, remplacée par un chaos de colère, de déception et de silences pesants.

Roman, appuyé contre l’encadrement de la porte, essayait de paraître calme, mais ses doigts tiraient nerveusement sur sa chemise. Il savait que la conversation serait difficile, mais il avait espéré révéler la surprise seulement à l’aéroport, quand il serait trop tard pour discuter.

La véritable surprise : sa sœur les accompagne.

Ekaterina n’en croyait pas ses oreilles. Le voyage tant attendu, censé raviver leur intimité et leur complicité, s’était transformé, sous l’impulsion de son mari, en une sorte de vacances à plusieurs. Roman tenta de se justifier en évoquant une crise, des problèmes au travail et la solitude, mais pour elle, c’était une trahison. Non seulement il avait pris cette décision sans la consulter, mais il avait en plus puisé dans leurs économies communes pour couvrir les frais supplémentaires.

Le plus absurde ? Il avait réservé un simple appartement, une suite de deux chambres avec un canapé-lit dans le salon, pour que sa sœur soit pratiquement à côté d’eux. Ekaterina sentit monter en elle un mélange d’indignation et d’épuisement.

« On prépare ces vacances depuis des mois. Ce n’était pas juste un voyage : c’était notre façon de nous retrouver.»

Roman insistait sur le fait que c’était une solution pratique et économique, mais chaque mot qu’il prononçait ne faisait qu’empirer la situation. Pour Ekaterina, ce n’était plus un simple imprévu : c’était la preuve flagrante que son mari faisait toujours passer les besoins de sa sœur avant les siens, sans se soucier des conséquences.