Ce 17 avril 2026, la ferme du Soulet à Beaulieu, en Ariège, s’est retrouvée au centre d’une opération administrative d’une ampleur saisissante. L’éleveuse Christelle Record, qui refusait la vaccination obligatoire de son cheptel contre la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), a vu débarquer sur son exploitation un dispositif impressionnant : près d’une centaine de gendarmes mobiles, CRS et militaires, accompagnés de six vétérinaires mandatés pour procéder à la vaccination, fléchette à la main, de ses vaches et de ses veaux.
Un dispositif policier démesuré pour quelques bovins
Sur place, les témoins décomptent neuf cars de CRS et une barrière humaine de gendarmes déployée autour de la stabulation. « On doit être 30 paysans, peut-être un peu plus. C’est un gendarme pour un paysan », observe Kyria, éleveuse solidaire venue soutenir Christelle. Le rapport de force est écrasant, alors que les paysans présents choisissent volontairement la non-violence pour éviter toute escalade.
Pour tenter de protéger ses bêtes, Christelle Record avait déplacé une partie de son troupeau sur un terrain voisin, au lieu-dit Cadarcé, espérant gagner du temps le temps qu’un juge des libertés rende sa décision. Un courrier du maire de la commune demandait d’ailleurs la suspension de l’opération en raison du danger créé par la circulation du bétail sur la D117. Peine perdue : les forces de l’ordre et les vétérinaires sont intervenus avant même le délibéré.
Des veaux tirés à la fléchette devant leur éleveuse
Les images captées sur place sont particulièrement éprouvantes. Les vétérinaires, équipés de fusils hypodermiques, ont tiré des fléchettes vaccinales sur les veaux et les vaches sous le regard de Christelle en pleurs et des paysans impuissants. « Ils ont tiré sur des veaux devant l’éleveuse en pleurs », témoigne Ananda, président de l’association Kokopelli, présent sur le terrain. « Les vétos regardent leurs pieds en tirant. C’est lunaire, tout ça. »
Maître Diane Protat, avocate des éleveurs, dénonce plusieurs irrégularités : les vétérinaires auraient refusé de contrôler la température des vaccins alors qu’un thermomètre leur était proposé, et l’intervention a été menée avant la décision du juge, y compris sur des terres n’appartenant pas à l’éleveuse.
Une vaccination contestée scientifiquement
Invitée à réagir, Hélène Banoun, pharmacien biologiste à la retraite et ex-chargée de recherche à l’INSERM, démonte la pertinence sanitaire de l’opération. Selon elle, la dermatose nodulaire est une maladie bénigne, et la seule justification réglementaire de la vaccination obligatoire tient au maintien du « statut indemne » de la France, indispensable aux échanges commerciaux.
Plus grave, elle souligne plusieurs incohérences scientifiques :
- La vaccination des veaux de moins de trois mois est inefficace, leur système immunitaire n’étant pas suffisamment mature ;
- Le vaccin doit être injecté en sous-cutané selon la notice, mais des injections intramusculaires auraient provoqué des nécroses importantes (jusqu’à 15 kg de viande saisie à l’abattoir chez certains éleveurs) ;
- En Sardaigne, où le cheptel avait été vacciné à 98 % l’été précédent, la maladie est réapparue sur des veaux de mères vaccinées, preuve que le vaccin laisse circuler le virus silencieusement ;
- La dose injectée est identique pour un veau nouveau-né et une vache de 650 kg.
« On ne traite pas un virus, on traite des animaux », rappelle-t-elle, dénonçant une « idéologie vaccinaliste » déconnectée de toute logique de soin.
Une émotion partagée par les invités
Le docteur Louis Fouché, également sollicité en direct, exprime son effarement : « Souvenez-vous bien de ce jour : tout ce qu’on fait au bétail, on finira par le faire aux hommes. » Il appelle à une