PARTIE 1
Allongée sur ce lit d’hôpital, pleinement consciente, je voyais mon père décider que ma vie ne valait pas le coût d’une opération. Les machines respiraient pour moi, froides et régulières, tandis que ma belle-mère soupirait à proximité, comme si mon état avait gâché sa journée.
« Laissez-la partir », dit mon père. « On ne paiera pas l’opération. »
« Monsieur Vale », répondit prudemment le médecin, « votre fille a de fortes chances de s’en sortir si nous opérons ce soir. »
« Ma fille ? » Mon père laissa échapper un rire sec. « Elle ne me sert plus à rien depuis la mort de sa mère. »
Puis je l’entendis : le grattement d’un stylo. Une signature. Un ordre de non-réanimation. Je hurlai intérieurement, mais rien ne bougea. Mon dernier souvenir était la pluie, les phares et le SUV de mon père qui percutait le mien. À présent, il se tenait à côté de moi, décidant de mon sort.
« Si elle meurt », murmura-t-il, « le fonds sera débloqué par anticipation. On récupère tout. »
« Et si elle se réveille ? » Celia demanda doucement.