Les conversations se sont tues. Les convives se sont figés, et le maître d’hôtel lui-même semblait chercher ses mots. Mais Camille, droite comme un i, n’a pas cillé.
Elle a planté son regard dans celui de Charles Dubois et a lâché, d’une voix posée : « Non. »
Un seul mot. Sec, clair, sans la moindre hésitation.
Le milliardaire a froncé les sourcils, incrédule. « Je vous demande pardon ? »
« Je ne vais pas m’agenouiller pour cirer vos chaussures, monsieur. Mon travail consiste à vous servir à table, pas à flatter votre ego. »
Autour d’eux, la salle retenait son souffle. Les acolytes du magnat se tortillaient sur leurs chaises, mal à l’aise. Personne n’avait jamais osé lui tenir tête de la sorte.
Charles a serré les poings. « Vous savez à qui vous parlez ? Je pourrais racheter ce restaurant dix fois, si je le voulais. »
Camille n’a pas bronché.
« Je sais qui vous êtes, monsieur. Tout le monde le sait. Mais le respect ne s’achète pas. »

Le calme après l’orage
Contre toute attente, il n’a pas hurlé. Il est resté figé, les yeux rivés sur ceux de la serveuse. Ce soir-là, pour la première fois depuis des années, un homme habitué à soumettre les autres s’est retrouvé désarmé.
Il a finalement lancé, d’une voix sèche : « Qu’on la vire. »
Mais Camille n’a pas bougé.
« S’il veut que je parte, qu’il me le dise en face. Mais je ne m’excuserai pas d’avoir gardé ma dignité. »
Quelques clients ont timidement applaudi. Puis d’autres ont suivi. En quelques secondes, la salle entière s’est mise à vibrer d’un murmure approbateur. Charles Dubois a quitté les lieux, le visage écarlate de rage.