Mammographies : quand le dépistage peut augmenter le risque

2. Un taux alarmant de faux positifs
Un résultat faux positif se produit lorsqu’une mammographie détecte une anomalie suspecte qui s’avère finalement bénigne. Selon les recherches, jusqu’à 60 % des femmes qui se soumettent à des mammographies annuelles pendant dix ans connaîtront au moins un faux positif.

Cette situation engendre une immense anxiété et déclenche une cascade d’interventions médicales inutiles : examens d’imagerie supplémentaires, biopsies invasives, et parfois même des traitements agressifs, exposant ainsi les patientes à plus de risques que de bénéfices.

3. Surdiagnostic et surtraitement
L’un des problèmes majeurs de la mammographie de routine est le surdiagnostic, c’est-à-dire la détection de cancers qui n’auraient jamais causé de tort à la patiente au cours de sa vie. Cela inclut souvent le carcinome canalaire in situ (CCIS), parfois qualifié de cancer de stade 0, que de nombreux experts hésitent même à classifier comme un véritable cancer.

Le danger du surdiagnostic est qu’il mène inévitablement au surtraitement. De nombreuses femmes diagnostiquées avec un CCIS subissent des interventions chirurgicales, des radiothérapies, voire des chimiothérapies, alors que ces traitements n’ont potentiellement aucun impact sur leur survie globale. Une vaste étude sur 25 ans publiée dans le BMJ en 2014 a conclu que le dépistage par mammographie ne réduisait pas significativement la mortalité liée au cancer du sein et entraînait un surdiagnostic dans un cas sur cinq.

4. Une incapacité à réduire la mortalité globale
Si les mammographies sauvaient autant de vies qu’on le prétend, les statistiques montreraient une baisse spectaculaire de la mortalité liée au cancer du sein. Or, une importante revue Cochrane de 2014 portant sur des essais randomisés a révélé que les mammographies ne réduisaient pas de manière significative le risque de décès par cancer du sein par rapport aux femmes non dépistées.

5. Les risques liés à la compression des tissus
Pour obtenir des images claires, les mammographies exigent une compression intense du tissu mammaire. Ce processus, en plus d’être très douloureux pour de nombreuses femmes, pourrait présenter des risques cachés. Certains chercheurs craignent que si une tumeur maligne est déjà présente, la force extrême appliquée lors de l’examen ne favorise la dissémination des cellules cancéreuses dans le système lymphatique ou la circulation sanguine.

6. L’ombre des conflits d’intérêts
L’industrie de la mammographie pèse des milliards. Des hôpitaux aux radiologues en passant par les fabricants d’équipements médicaux, les incitations financières à maintenir des dépistages annuels sont colossales. Certaines organisations promouvant massivement la mammographie entretiennent des liens financiers avec les entreprises qui profitent directement de ces programmes de dépistage et des traitements qui en découlent.

7. L’existence d’alternatives de dépistage plus sûres
Bien que la médecine conventionnelle considère la mammographie comme la référence, il existe d’autres options sans radiation qui méritent d’être explorées :