Moi, Camille, j’étais assise à la table principale à côté de Antoine, mon mari tout juste épousé.
Et quelque chose n’allait pas.
Il ne portait aucun toast, ne souriait pas, ne participait pas aux félicitations qui nous arrivaient des autres tables.
Il regardait mon sac.
Il regardait précisément l’endroit où j’avais posé mon téléphone.
J’ai essayé de me convaincre que c’était simplement le stress, que le poids de l’instant le rendait tendu comme n’importe quel marié.
Mais cette sensation étrange ne disparaissait pas.
Quelques minutes plus tard, Antoine se leva brusquement, la mâchoire crispée et les yeux remplis d’une colère que je ne lui avais jamais vue.
Sans dire un mot, il attrapa le bord de la nappe.
Et il tira.
Assiettes, verres et plats tombèrent au sol dans un fracas violent, comme une vague qui emporte tout sur son passage ; les invités crièrent, quelqu’un tenta d’intervenir et le DJ coupa la musique net.
Le silence qui suivit fut brutal.
Antoine, rouge de rage, me pointa du doigt devant tout le monde et cria d’une voix ferme, calculée, comme s’il attendait ce moment depuis longtemps :
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