Le 9 octobre 1996, une opération digne d’un film d’espionnage se déroule dans un petit laboratoire de l’Isère. À six heures du matin, 210 gendarmes, incluant des membres du GIGN équipés d’hélicoptères et de chiens, perquisitionnent les installations du chercheur Mirko Beljanski. Classée secret défense, cette intervention visait officiellement à chercher du plutonium, mais l’objectif réel semblait tout autre : anéantir des décennies de recherches novatrices sur le cancer. Sylvie Beljanski, avocate et fille du chercheur, a repris le flambeau de cet héritage scientifique inestimable, forcé de s’exiler aux États-Unis pour survivre.
Une vision avant-gardiste de la genèse du cancer
Dans les années 1960 et 1970, alors qu’il travaille à l’Institut Pasteur, Mirko Beljanski s’oppose au dogme scientifique de l’époque qui considère le cancer comme une maladie purement génétique. Observant l’augmentation des cas en parallèle avec l’essor des Trente Glorieuses et de la pollution, il est l’un des premiers à établir un lien direct entre l’environnement et la maladie.
Ses recherches le mènent à une découverte fondamentale sur la structure même de l’ADN. Dans une cellule saine, les deux brins de la double hélice d’ADN sont fermement liés par des liaisons hydrogène. Mirko Beljanski observe que dans une cellule cancéreuse ou précancéreuse, sous l’effet de polluants environnementaux, ces brins se détendent et se séparent. Cette déstabilisation provoque une multiplication accrue et incontrôlée de la synthèse de l’ADN, conduisant à la formation de tumeurs.
Fort de ce constat, il met au point l’oncotest, une méthode permettant de cribler diverses molécules pour observer leur impact sur l’ADN. Son objectif est clair : trouver une substance capable d’inhiber sélectivement la synthèse de l’ADN cancéreux sans affecter l’ADN sain.